Petit(s) rappel(s) à tous ceux qui voudraient croire que l’Islam n’est pas un danger immédiat. Ils prêchent, donnent un espoir à ceux qui n’en ont plus (que la société de consommation à laissé de coté) et forment leurs cadres de demain (dans les mosquées, mais aussi sur différents fronts dans le monde). Et le moment venu, inéluctablement, ils fédèreront leurs semblables (dont les mini émeutes Françaises n’étaient qu’une mince tartine au menu des Européens asservis par leur confort).
Tandis que nous, Français et Européens, sommes divisés comme jamais…
Des initiatives naissent dans chaque région, chacun crée son site, son mouvement, son affiche, son autocollant. Que d’espoirs, et de désillusions à la clé, que d’énergies dépensées, s’il ne se lève pas rapidement une bannière fédératrice.
A quand des Etats Généraux, pour liguer, toutes nos énergies, et faire fie de nos orgueils particuliers, et de nos différences. Ne nous laissons plus diviser : Ils ne sont forts que de nos faiblesses. Rassemblés, avec un message fort, nous pourront alors peser à nouveau, et porter nos messages, comme nous l’avons déjà fait, directement auprès des plus humbles.
Constantinople a été perdue car nos ancêtres palabraient sur le sexe des anges nous rappelle l’Histoire.
Le regroupement familial n’est qu’une goute d’eau par rapport au projet de zone commerciale avec les pays du Sud (P.T.M. (pays tiers méditerranéens) que sont l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, Malte, l’Egypte, Chypre, Israël, le Liban, la Syrie et la Turquie) : Euromed la grande zone de prospérité partagée a un volet commercial et mais elle a aussi un discret (secret) volet migratoire, pour compenser la baisse de la natalité en Europe et dissoudre à jamais notre identité ethnique. Pour finir, enfin, de massacrer les acquis sociaux et les salaires sur l’autel des profits et de la mondialisation.
Zeus aveugle celui dont il a voulu la perte…
L’Eurabia est en marche, bien plus surement que l’Eurosibérie.
Roberto.
Nb : Le Combat pour la Liberté et la Vérité peut passer par d’autres sujets que les Génocides ; il y a des sujets bien plus fédérateurs, et correspondant aux attentes actuelles des Français. L’opinion publique a ouvert les yeux, les langues se délient, il faut pousser pour que tout s’écroule… Pas les repousser avec des thèmes facilement exploitables par nos ennemis.
(trois extraits d’articles à suivre)
La troisième offensive de l’islam a commencé.
par Constance Rebat,
historienne,
collaboratrice d'Aventures et dossiers secrets de l'histoire (*).
article intégral : http://www.occidentalis.com/article.php?sid=653
extraits :
Pour l’historienne Constance Rebat, le développement de l’immigration massive et la montée des revendications identitaires d’inspiration islamique sur le sol européen constituent, ni plus ni moins, la troisième grande offensive musulmane contre l’Occident.
Les attentats du 11 septembre 2001 ont donné une forte valeur symbolique à l’affrontement qui oppose ponctuellement, mais régulièrement depuis le VIIe siècle, le monde musulman à l’Occident. Les récentes polémiques autour du voile et d’une laïcité qui n’avait jamais été remise en question depuis 1905 en sont la continuité en France.
Un rapport différent au passé et à l’Histoire
Des textes rédigés par des oulémas, les docteurs de la loi musulmane, prédisent que la France sera islamisée d’ici la fin du XXIe siècle. Pour les Occidentaux, il ne s’agit que de paroles en l’air, et les événements récents, affrontements violents ou politiques, ne sont pas à relier avec ceux du passé. Pour les musulmans, ce sont des épisodes, quelques batailles de plus dans la confrontation qui les opposent aux infidèles juifs et chrétiens depuis plus de treize siècles. Cette différence entre l’appréhension purement événementielle et celle qui s’inscrit dans la longue durée peut induire l’Occidental en erreur quant aux buts réels des islamistes. Pour eux, il n’y a pas de différence entre Charles Martel qui les repousse en 732, les Espagnols qui se soumettent à la même époque avant de les chasser en 1492, les croisés du Moyen Age, les colonisateurs du XIXe siècle ou les « judéo-croisés » occidentaux d’aujourd’hui. Le même combat continue avec des moyens et des frontières différentes. Mais il s’agit toujours de l’affrontement (ontologique et eschatologique) entre l’islam et les Autres, mécréants et infidèles tout juste bons à se soumettre et à recevoir le statut de dhimmi ou mourir.
Le schéma binaire des théologiens musulmans
Les théologiens musulmans voient le monde selon un schéma binaire, qu’ils symbolisent par des ”maisons” : la maison de la soumission à Allah et de la paix, le Dar al islam : un territoire à l’intérieur duquel la souveraineté et le pouvoir politique sont directement et exclusivement exercés par des musulmans. …Vient ensuite le Dar al harb, la maison de la guerre. Il s’agit de territoires non islamisés, avec lesquels les musulmans ne peuvent entretenir que des rapports violents du fait de la non « soumission » de ces peuples à la religion islamique. Les musulmans ont envisagé l’Europe médiévale et des temps modernes (XVIe – XVIIIe siècles) comme une zone de Dar al harb et l’ont régulièrement attaquée, essayant ou parvenant à l’occuper en certains lieux et certaines époques. On pense particulièrement aux Balkans, à la Hongrie ou à l’Espagne. Durant plusieurs siècles parfois, ces peuples ont du subir la loi musulmane dans toute sa rigueur, acceptant de se convertir ou de souffrir.
Au XIXe siècle, l’expansion occidentale manifestée par la colonisation d’une grande partie de la planète a muselé un islam déclinant. De manière caricaturale, il est possible de dire que, vécue comme une humiliation, cette présence européenne a toutefois permis aux islamistes de remobiliser leurs troupes et de redynamiser leur religion. Faisant feu de tout bois, ils ont accepté de cheminer momentanément avec le nationalisme arabe, le marxisme ou le capitalisme, profitant des divisions occidentales. La « ceinture verte », cette barrière d’Etats islamiques entourant l’ex-URSS au profit des Américains est révélatrice de cet état d’esprit. Oussama Ben Laden, la chose est connue, était un agent islamiste au service des Etats-Unis. Avant de se retourner de la manière que l’on sait, puisque, ainsi que le dit le Coran, « la parole donnée à un infidèle n’a pas de valeur ».
Quand l’immigration de masse change la donne
La décolonisation et la fin de la Guerre froide ont lentement modifié la vision de l’islam et une troisième maison s’est ajoutée. L’immigration constante de populations musulmanes vers l’ancien Dar al harb, la domination politique et économique quasi absolue de l’Occident dans le Dar al islam et l’obligation des territoires musulmans de prendre part aux relations internationales en tant que partenaires mineurs ont complexifié les données jusqu’alors assez simplistes des oulémas. D’où l’apparition, en désespoir de cause, du Dar al sulh, la maison du compromis. Dans la mesure ou le Dar al harb est trop puissant pour être soumis directement par la force ; ou dans le cas où le Dar al islam lui même est fortement dominé par les infidèles, les musulmans, ainsi que le prescrit une sourate du Coran, « embrassent la main qu’ils ne peuvent trancher ». …Depuis sa création par Mahomet au VIIe siècle, l’islam n’a jamais cessé de tenter de dominer les territoires non musulmans. Ainsi que l’explique l’islamologue René Marchand, la révélation coranique marque une coupure franche dans le temps : avant, un passé révolu, défini par l’ignorance. Ensuite commence une époque qui est encore en cours : le temps de l’islam. Contrairement aux Occidentaux qui découpent le temps en trois : passé, présent, futur ; le musulman ne voit que l’inaccompli ou l’accompli. Depuis le moyen âge, l’islam a lancé trois grandes offensives contre l’Occident. La première date de 711, la conquête de l’Espagne et l’échec contre les Francs ; la deuxième reprend vers 1500, quand les Turcs envahissent la Hongrie, mais sont arrêtés devant Vienne.
De l’axe Est-Ouest à l’axe Nord-Sud
L’islam ne se réveille véritablement qu’au milieu du XXe siècle. Lorsque s’écroule l’URSS, l’axe Est-Ouest opère un demi-tour et devient un axe nord-sud opposant les pays occidentalisés et de culture chrétienne aux pays musulmans, marquant d’une certaine façon, le début du XXIe siècle. L’immigration massive, les volontés communautaristes accompagnées de leurs multiples revendications identitaires, le développement d’un islam européen d’autant plus radical que nouveau et les manifestations régulières du terrorisme visant les intérêts ou les ressortissants occidentaux tendent à nous prouver quotidiennement, vers vingt heures, que la troisième offensive de l’islam a commencé. Ça se passe près de chez vous !
Cet article est paru initialement dans le bulletin mensuel "La Voix des Français" n° 61 de février 2004 et sur le site de l'association "Voix des Français" : vdfr95.com.
L’Europe : terre d’asile ou terre de jihad pour les Islamistes ?
article intégral : http://www.chretiens-et-juifs.org/article.php?voir%5B%5D=732&voir%5B%5D=3728
extraits :
En Europe et en territoire non-musulman en général, l’impératif islamique de fuir ou combattre le « pouvoir infidèle » s’exprime de manière différente, « l’orthodoxie » islamique proposant une doctrine géopolitique qui divise le monde en différentes zones ennemies : la « demeure de l’Islam » (dar-el-Islam) - l’ensemble des pays où domine l’islam - et la « demeure de la guerre » - (dar-el-Harb), le monde infidèle. Dans le dar-el-Islam, les non-Musulmans sont « tolérés », moyennant le paiement d’un tribut et la soumission à la Charià, s’ils sont adeptes d’une religion abrahamique, juifs ou chrétiens. Quant au dar-el-Harb, il constitue un espace géopolitique et religieux foncièrement hostile, avec lequel seules des relations de guerre peuvent exister. Toutefois, le Coran prévoit une exception : la « demeure de l’Islam » peut contracter une trêve avec la « demeure de la guerre » si cette « trêve », due au principe de nécessité (darura), permet aux Musulmans, contraints de résider dans le dar al harb, d’y prêcher leur doctrine sans exiger en contrepartie le même droit de prédication non-musulmane en terre d’Islam. Mieux : les Islamistes peuvent s’exprimer plus librement en terre occidentale que dans leurs pays d’origine ! Cette situation intermédiaire est nommée « terre de la conciliation » (dar al Sulh ou dar al Ahd) ou « terre de la prédication » (dar al dawaà), en référence à l’impératif de prosélytisme. C’est ainsi qu’en Europe, les Islamistes et les garants de l’islam « orthodoxe », notamment le très médiatique Tariq Ramadan (basé à Fribourg et donnant des cours à Géneve…), actuellement leader incontesté de la mouvance des « frères » en Europe (représentée par l’UOIF en France) et petit-fils de Hassan al-Banna, confirment le caractère licite de la présence musulmane en Europe au titre du dar al daàwa.
De ce point de vue, l’Occident semble avoir, d’ores et déjà, intériorisé le principe de supériorité de l’Islam - phénomène que l’islamologue anglo-égyptienne Bat Yé’Or nomme la « dhimmitude » - en acceptant le marché de dupes en vertu duquel le prosélytisme d’Etats islamistes comme l’Arabie saoudite, qui fut à l’origine, en 1994, de la mosquée de Rome, la plus grande d’Europe), est officiellement consacré, par les Etats occidentaux, sans qu’une seule chapelle ne puisse être ouverte en contrepartie en Arabie... C’est que, dans l’Islam classique, les relations pacifiques avec les territoires non-musulmans sont conditionnées par le respect de ce principe d’unilatéralité. ... C’est oublier que l’Islam doit toujours dominer et que l’allié infidèle doit se soumettre à ce principe, le Coran précisant : « Vous formez la meilleure communauté suscitée parmi les hommes ; vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable » ( III, 110).
Des musulmans s'opposent à la représentation d'une pièce de Voltaire
article intégral : http://www.lefigaro.fr/societe/20051212.FIG0071.html
extraits :
LAÏCITÉ Des responsables religieux ont fait pression sur une mairie de l'Ain où l'oeuvre était jouée, la jugeant insultante pour l'islam.
Corinne Caillaud
[12 décembre 2005]
VOLTAIRE suscite toujours la polémique, même au coeur du pays de Gex, où il vécut les dix-huit dernières années de sa vie. C'est plus particulièrement la pièce Le Fanatisme ou Mahomet le prophète mise en scène par Hervé Loichemol et programmée jeudi dernier à Saint-Genis-Pouilly (Ain) qui a déclenché les foudres de plusieurs associations musulmanes locales et de représentants de la mosquée de Genève.
Dans des courriers adressés au maire de la commune, ces associations se sont déclarées opposées à la représentation. «Cette pièce est une attaque explicite contre les valeurs de paix de l'islam. Elle constitue une insulte envers toute la communauté musulmane du pays de Gex et est de nature à troubler l'ordre public», était-il indiqué. Des pressions du même ordre ont été adressées au Théâtre de Carouge, à Genève où la pièce était jouée samedi soir.
Afin de désamorcer la crise, une réunion avait été organisée en début de semaine à la sous-préfecture de Gex. Deux présidents d'associations musulmanes avaient fait le déplacement, accompagnés du porte-parole de la mosquée de Genève, Hafid Ouardiri, alors que ce dernier n'avait pas été convié à ce rendez-vous. ..J’ai donc refusé de me plier à la demande des associations et à celle de la mosquée de Genève qui semble avoir une influence importante sur les musulmans de notre région», poursuit l'édile radical socialiste.
…
La représentation a finalement eu lieu, alors que 30 à 40 personnes venaient de manifester devant le centre culturel. Au cours du spectacle, et malgré la quarantaine de gendarmes à pied d'oeuvre ce soir-là, un véhicule et des conteneurs à poubelle, ainsi que la porte d'entrée d'un collège ont été incendiés. Les interventions des pompiers qui se sont heurtées à des jets de pierres ont dû avoir lieu sous la protection des forces de l'ordre.
Au cours des émeutes urbaines du mois dernier, aucun incident n'avait été à déplorer à Saint-Genis-Pouilly.
Unis ou Vaincus
Identité
Contre la Mondialisation et la société de Consommation forcée qu'elle nous impose, tuant les Hommes et notre Mère à tous, la Terre..Pour la Défense de L'Europe, de son Identité, et de tous ses peuples Originels.
Contre l'Europe Sociale Démocrate, complice des Marchands. Pour la création de L'Eurosibérie : une Europe politique, une puissance Continentale.
Contre le Capitalisme spéculatif qui préfère les profits faciles à la Production qui donne du Travail. Pour un retour de la prépondérance du Pouvoir Politique, sur la Fonction de Production.
Contre la Démocratie représentative, sa logique de partis (qui divise au lieu d'unir) et ses Alliés objectifs dans l'asservissement des Hommes : les Médias, les Marchands et les Mafias. Pour la Démocratie participative et Populaire, celle qui rend les Hommes maitres de leurs choix et donc de leurs déstins.
Contre la Corruption financière et mentale qui utilise toutes les faiblesses des hommes pour les asservir et les pousser à consommer. Pour le retour des valeurs (vertus): celles qui contraignent chacun individuellement, mais qui rendent les Hommes Dignes et Libres.
Contre l'Immigration de peuplement Extra Européenne, et le Métissage forcé. Pour une politique Nataliste en faveur des Européens de souche.
Contre la vision Manichéenne (Bien/Mal) véhiculée par la Mondialisation et ses alliés de fait (Capitalisme / Communisme et les religions Monothéistes). Pour une Conscience Identitaire et la Liberté d'Expression : dans le respect des autres, mais en sachant quelles sont nos Forces, d'ou elles nous viennent (la Mémoire de nos Cultures Ancéstrales) et en ayant bien conscience qu'il faut les défendre pour les préserver.
vendredi 19 janvier 2007
L'Europe écartelée entre Méditerranée et Europe de l'Est
Les Echos du 12 décembre 2005 L'Europe écartelée entre Méditerranée et Europe de l'Est
L'ANALYSE DE JACQUES HUBERT-RODIER
Où s'arrête l'Europe ? Qui sont ses voisins ? Ces questions hantent désormais les débats sur une Union européenne qui depuis sa création n'a cessé de s'élargir passant de 6 pays, à 15, puis à 25 et demain à 27 ou 28. Avec ces frontières mouvantes, les voisins ne cessent de reculer de plus en plus vers l'est du continent, donnant une impression aux pays du sud du bassin méditerranéen d'être les laissés-pour-compte de cette expansion. Parmi les 10 derniers entrants en mai 2004, huit appartenaient à l'ancien bloc de l'Est (Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie) et deux au Sud - les îles de Chypre et de Malte.
Or l'échec du projet de Constitution européenne doit être aussi compris comme un avertissement : l'opinion publique ne souhaite pas que cet élargissement se poursuive sans fin. « L'Europe sans frontières » que certains dénoncent était « l'un des sujets implicites du référendum », écrivait récemment dans le quotidien « Libération » l'ancien ministre socialiste Henri Nallet en se disant surpris de « voir la Commission pousser les feux aux négociations avec la Croatie, la Macédoine et l'Albanie ». Un ancien ministre européen des Affaires étrangères proposait même récemment la suppression du poste de commissaire à l'élargissement. Cette percée à l'Est a non seulement inquiété les opinions publiques françaises ou néerlandaises mais aussi les pays du sud du bassin méditerranéen. « Ce fort tropisme vers l'Est a été contrecarré par la détermination franco-espagnole », affirmait dans un entretien avec la revue « Politique étrangère » Miguel Angel Moratinos, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement Zapatero.
Certes ! Mais le processus de Barcelone, lancé il y a maintenant dix ans par la France et l'Espagne, est très loin d'avoir tenu sa promesse. Le sommet de Barcelone, fin novembre, entre les pays de l'Union et les 10 membres du partenariat euro-méditerranéen (Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie ainsi qu'Autorité palestinienne) a été au pire un échec, au mieux une occasion manquée. Les dirigeants européens ont bien tenté de mettre en avant quelques réussites comme l'adoption d'un code de conduite contre le terrorisme ou des engagements visant à mieux contrôler l'immigration clandestine. Mais la plupart des dirigeants arabes ne se sont même pas rendus en Catalogne. Cette réunion a laissé un sentiment d'amertume dans les pays arabes. Une sorte de trahison du « Nord ». L'une des inquiétudes est de voir les fonds européens se détourner vers l'Est européen.
A Barcelone, le président Chirac a souhaité que le Sud obtienne environ 60 % des fonds du nouvel instrument financier de « voisinage » qui doit être créé à la suite de la fusion du programme d'aide à la Méditerranée (Meda), et de celui pour les pays de l'ex-Union soviétique (Tacis). En pleine négociation sur le budget européen et les perspectives financières de l'Union pour 2007-2013, rien n'est gagné sur cette clef de répartition. Le commissaire européen Benita Ferrero-Waldner, en redoutant une baisse des financements pour les « voisins », affirmait vendredi dernier que l'« on n'en est pas encore à fixer une répartition des fonds ». Car les pays du nord et de l'est de l'Europe ont tout intérêt à voir leurs voisins, Ukrainien, Biélorusse ou autres, se développer économiquement et se stabiliser politiquement. Les pays Baltes, l'Allemagne ont moins intérêt, que la France, l'Italie ou l'Espagne à s'investir dans le processus de Barcelone, reconnaît un diplomate. Dix ans après son lancement, il faut bien constater que le fossé entre les deux rives de la Méditerranée n'a cessé, sur le plan économique, de se creuser.
Commercialement, l'objectif de créer d'ici à 2010 une zone de libre-échange Euro-med semble difficile à atteindre. Politiquement, les choses sont encore plus compliquées. Si l'Ukraine ou la Géorgie se sont lancées dans des changements de cap politique, les pays du sud de la Méditerranée sont loin de s'être réellement démocratisés. De plus, ces derniers ont du mal à accepter que l'aide financière soit liée au processus de réformes. « Qu'ils gardent leurs euros car nous voulons des réformes dans un cadre de souveraineté », a lancé à Barcelone le ministre algérien Abdelaziz Belkhadem. L'Europe est d'autant plus mal placée qu'elle « souffre certainement d'un handicap essentiel dans son ambition de promotion démocratique : la crise interne qu'elle traverse en fait un piètre champion », notait Azzam Mahjoub, professeur à l'université de Tunis, dans « Politique étrangère ».
Et cela au moment même où les Etats-Unis veulent promouvoir leur propre vision de la démocratisation à travers leur initiative de « Broader Middle Est and North Africa » (B-Mena) qui a succédé au projet de « Grand Moyen-Orient ». Les Français notamment estiment que ce projet et le processus Euromed « se distinguent car ils ne reposent pas sur la même philosophie ». Le premier, affirme un diplomate, tend à « imposer » la démocratisation, l'autre inclut les dix pays. Mais cet argument s'estompe. Un haut responsable du département d'Etat américain affirmait récemment que les deux initiatives se complètent : « Quelles contradictions entre les objectifs de parvenir à une plus grande prospérité et à une démocratisation des pays de la région ? ». Tous les pays de la Ligue arabe ont participé au Forum de l'avenir début novembre à Bahreïn, centré sur l'initiative américaine. Certes, comme le sommet de Barcelone, la réunion de Bahreïn a été un demi-échec. Non seulement les pays arabes sont réticents au rôle donné aux organisations non gouvernementales, mais les Européens, à l'exception des Britanniques, sont peu désireux de voir les Etats-Unis s'imposer dans la région. Reste que l'absence de clarté des Européens joue en leur défaveur, non seulement sur la rive sud de la Méditerranée, mais aussi à la frontière orientale. L'Ukraine attendait certainement plus après la révolution orange de 2004. Il est vrai que la politique de voisinage menée dans un monde aux frontières non fixées est souvent perçue à l'Est comme un cheval de Troie pour rentrer dans l'Union. Les déceptions risquent d'être d'autant plus fortes que les espoirs ont été élevés. L'Europe ne pourra pas faire l'économie d'une clarification. Mais il faudra vraisemblablement attendre qu'elle règle d'abord sa « crise interne » pour pouvoir se lancer dans cet exercice. Ce qui prendra du temps.
JACQUES HUBERT-RODIER est éditorialiste de politique internationale aux « Echos ». jhubertrodier@lesechos.fr
L'ANALYSE DE JACQUES HUBERT-RODIER
Où s'arrête l'Europe ? Qui sont ses voisins ? Ces questions hantent désormais les débats sur une Union européenne qui depuis sa création n'a cessé de s'élargir passant de 6 pays, à 15, puis à 25 et demain à 27 ou 28. Avec ces frontières mouvantes, les voisins ne cessent de reculer de plus en plus vers l'est du continent, donnant une impression aux pays du sud du bassin méditerranéen d'être les laissés-pour-compte de cette expansion. Parmi les 10 derniers entrants en mai 2004, huit appartenaient à l'ancien bloc de l'Est (Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie) et deux au Sud - les îles de Chypre et de Malte.
Or l'échec du projet de Constitution européenne doit être aussi compris comme un avertissement : l'opinion publique ne souhaite pas que cet élargissement se poursuive sans fin. « L'Europe sans frontières » que certains dénoncent était « l'un des sujets implicites du référendum », écrivait récemment dans le quotidien « Libération » l'ancien ministre socialiste Henri Nallet en se disant surpris de « voir la Commission pousser les feux aux négociations avec la Croatie, la Macédoine et l'Albanie ». Un ancien ministre européen des Affaires étrangères proposait même récemment la suppression du poste de commissaire à l'élargissement. Cette percée à l'Est a non seulement inquiété les opinions publiques françaises ou néerlandaises mais aussi les pays du sud du bassin méditerranéen. « Ce fort tropisme vers l'Est a été contrecarré par la détermination franco-espagnole », affirmait dans un entretien avec la revue « Politique étrangère » Miguel Angel Moratinos, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement Zapatero.
Certes ! Mais le processus de Barcelone, lancé il y a maintenant dix ans par la France et l'Espagne, est très loin d'avoir tenu sa promesse. Le sommet de Barcelone, fin novembre, entre les pays de l'Union et les 10 membres du partenariat euro-méditerranéen (Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie ainsi qu'Autorité palestinienne) a été au pire un échec, au mieux une occasion manquée. Les dirigeants européens ont bien tenté de mettre en avant quelques réussites comme l'adoption d'un code de conduite contre le terrorisme ou des engagements visant à mieux contrôler l'immigration clandestine. Mais la plupart des dirigeants arabes ne se sont même pas rendus en Catalogne. Cette réunion a laissé un sentiment d'amertume dans les pays arabes. Une sorte de trahison du « Nord ». L'une des inquiétudes est de voir les fonds européens se détourner vers l'Est européen.
A Barcelone, le président Chirac a souhaité que le Sud obtienne environ 60 % des fonds du nouvel instrument financier de « voisinage » qui doit être créé à la suite de la fusion du programme d'aide à la Méditerranée (Meda), et de celui pour les pays de l'ex-Union soviétique (Tacis). En pleine négociation sur le budget européen et les perspectives financières de l'Union pour 2007-2013, rien n'est gagné sur cette clef de répartition. Le commissaire européen Benita Ferrero-Waldner, en redoutant une baisse des financements pour les « voisins », affirmait vendredi dernier que l'« on n'en est pas encore à fixer une répartition des fonds ». Car les pays du nord et de l'est de l'Europe ont tout intérêt à voir leurs voisins, Ukrainien, Biélorusse ou autres, se développer économiquement et se stabiliser politiquement. Les pays Baltes, l'Allemagne ont moins intérêt, que la France, l'Italie ou l'Espagne à s'investir dans le processus de Barcelone, reconnaît un diplomate. Dix ans après son lancement, il faut bien constater que le fossé entre les deux rives de la Méditerranée n'a cessé, sur le plan économique, de se creuser.
Commercialement, l'objectif de créer d'ici à 2010 une zone de libre-échange Euro-med semble difficile à atteindre. Politiquement, les choses sont encore plus compliquées. Si l'Ukraine ou la Géorgie se sont lancées dans des changements de cap politique, les pays du sud de la Méditerranée sont loin de s'être réellement démocratisés. De plus, ces derniers ont du mal à accepter que l'aide financière soit liée au processus de réformes. « Qu'ils gardent leurs euros car nous voulons des réformes dans un cadre de souveraineté », a lancé à Barcelone le ministre algérien Abdelaziz Belkhadem. L'Europe est d'autant plus mal placée qu'elle « souffre certainement d'un handicap essentiel dans son ambition de promotion démocratique : la crise interne qu'elle traverse en fait un piètre champion », notait Azzam Mahjoub, professeur à l'université de Tunis, dans « Politique étrangère ».
Et cela au moment même où les Etats-Unis veulent promouvoir leur propre vision de la démocratisation à travers leur initiative de « Broader Middle Est and North Africa » (B-Mena) qui a succédé au projet de « Grand Moyen-Orient ». Les Français notamment estiment que ce projet et le processus Euromed « se distinguent car ils ne reposent pas sur la même philosophie ». Le premier, affirme un diplomate, tend à « imposer » la démocratisation, l'autre inclut les dix pays. Mais cet argument s'estompe. Un haut responsable du département d'Etat américain affirmait récemment que les deux initiatives se complètent : « Quelles contradictions entre les objectifs de parvenir à une plus grande prospérité et à une démocratisation des pays de la région ? ». Tous les pays de la Ligue arabe ont participé au Forum de l'avenir début novembre à Bahreïn, centré sur l'initiative américaine. Certes, comme le sommet de Barcelone, la réunion de Bahreïn a été un demi-échec. Non seulement les pays arabes sont réticents au rôle donné aux organisations non gouvernementales, mais les Européens, à l'exception des Britanniques, sont peu désireux de voir les Etats-Unis s'imposer dans la région. Reste que l'absence de clarté des Européens joue en leur défaveur, non seulement sur la rive sud de la Méditerranée, mais aussi à la frontière orientale. L'Ukraine attendait certainement plus après la révolution orange de 2004. Il est vrai que la politique de voisinage menée dans un monde aux frontières non fixées est souvent perçue à l'Est comme un cheval de Troie pour rentrer dans l'Union. Les déceptions risquent d'être d'autant plus fortes que les espoirs ont été élevés. L'Europe ne pourra pas faire l'économie d'une clarification. Mais il faudra vraisemblablement attendre qu'elle règle d'abord sa « crise interne » pour pouvoir se lancer dans cet exercice. Ce qui prendra du temps.
JACQUES HUBERT-RODIER est éditorialiste de politique internationale aux « Echos ». jhubertrodier@lesechos.fr
OMC: Les normes internationales du travail doivent être prioritaires
mardi 13 décembre 2005
OMC
Les normes internationales du travail doivent être prioritaires
Alors que débute la 6ème Conférence Ministérielle de l’OMC à Hong Kong, la CGT-Force Ouvrière, souligne que la logique de l’OMC demeure celle de la négociation en fonction des intérêts des entreprises et reste pour l’essentiel aveugle aux questions déterminantes pour les travailleurs: celles du respect des normes internationales du travail, élaborées par l’OIT.
Parallèlement, l’objectif du développement, affirmé dans le cadre du cycle de Doha, semble avoir surtout servi jusqu’alors de paravent à une négociation visant à l’accroissement des secteurs ouverts à la libéralisation des échanges (produits industriels et services) sans prise en considération a priori de leur impact sur l’emploi et les conditions de vie des populations.
Cela conduit au danger que les intérêts des entreprises, notamment des multinationales, prévalent sur le droit et la capacité au niveau des Etats en matière de politique industrielle et de politique budgétaire de service public et de protection sociale.
FO rappelle que le rapport de la Commission Mondiale sur la Dimension sociale de la Mondialisation, édité en février 2004 par l’OIT, pointait que le «processus actuel de mondialisation génère des déséquilibres» du fait que «richesses sont créées mais ne sont d’aucun profit pour trop de pays et trop de personnes».
Pour FO le développement exige que les politiques d’échanges soient fondées sur la solidarité et non pas sur le modèle libéral économique, ce qui demande que l’attention porte sur la répartition des richesses.
Que l’accentuation de la pression, exercée notamment par les organisations syndicales, et l’impossibilité de masquer les conséquences de la libéralisation des échanges rendent plus difficile aujourd’hui que les négociations se mènent dans le secret, conforte la nécessité de renforcer l’action syndicale à ce niveau.
FO, présente sur place - comme elle l’était déjà à Cancun - prend part avec la CISL (Confédération Internationale des Syndicats Libres) au suivi des négociations menées par les gouvernements.
FO soutient ainsi que la primauté dans les échanges commerciaux soit donnée au respect des droits démocratiques et en particulier des normes internationales du travail, incluant le droit en matière de protection sociale, et que toute discussion sur les échanges soit désormais soumise à une évaluation d’impact préalable sur l’emploi et les conditions de travail dans les pays concernés.
OMC
Les normes internationales du travail doivent être prioritaires
Alors que débute la 6ème Conférence Ministérielle de l’OMC à Hong Kong, la CGT-Force Ouvrière, souligne que la logique de l’OMC demeure celle de la négociation en fonction des intérêts des entreprises et reste pour l’essentiel aveugle aux questions déterminantes pour les travailleurs: celles du respect des normes internationales du travail, élaborées par l’OIT.
Parallèlement, l’objectif du développement, affirmé dans le cadre du cycle de Doha, semble avoir surtout servi jusqu’alors de paravent à une négociation visant à l’accroissement des secteurs ouverts à la libéralisation des échanges (produits industriels et services) sans prise en considération a priori de leur impact sur l’emploi et les conditions de vie des populations.
Cela conduit au danger que les intérêts des entreprises, notamment des multinationales, prévalent sur le droit et la capacité au niveau des Etats en matière de politique industrielle et de politique budgétaire de service public et de protection sociale.
FO rappelle que le rapport de la Commission Mondiale sur la Dimension sociale de la Mondialisation, édité en février 2004 par l’OIT, pointait que le «processus actuel de mondialisation génère des déséquilibres» du fait que «richesses sont créées mais ne sont d’aucun profit pour trop de pays et trop de personnes».
Pour FO le développement exige que les politiques d’échanges soient fondées sur la solidarité et non pas sur le modèle libéral économique, ce qui demande que l’attention porte sur la répartition des richesses.
Que l’accentuation de la pression, exercée notamment par les organisations syndicales, et l’impossibilité de masquer les conséquences de la libéralisation des échanges rendent plus difficile aujourd’hui que les négociations se mènent dans le secret, conforte la nécessité de renforcer l’action syndicale à ce niveau.
FO, présente sur place - comme elle l’était déjà à Cancun - prend part avec la CISL (Confédération Internationale des Syndicats Libres) au suivi des négociations menées par les gouvernements.
FO soutient ainsi que la primauté dans les échanges commerciaux soit donnée au respect des droits démocratiques et en particulier des normes internationales du travail, incluant le droit en matière de protection sociale, et que toute discussion sur les échanges soit désormais soumise à une évaluation d’impact préalable sur l’emploi et les conditions de travail dans les pays concernés.
Le Mur commence à se fissurer : Dix-neuf historiens contre les lois "antidémocratiques"
Dix-neuf historiens contre les lois "antidémocratiques"
NOUVELOBS.COM | 13.12.05 | 18:06
Des articles de la loi Gayssot, de la loi pour la reconnaissance de l'esclavage comme crime et de celle sur la colonisation sont jugés anti-démocratiques.
D ix-neuf historiens de premier plan demandent la "Liberté pour l'histoire!". Dans un texte rendu public lundi 12 décembre, dix-neuf historiens de premier plan se sont prononcés pour l'abrogation de plusieurs articles de loi, selon eux "indignes d'un régime démocratique", concernant des "événements du passé".
Ils ont fait référence à des articles contenus dans les lois du 13 juillet 1990 (ndlr: dite loi Gayssot, tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe, article 9 sur le négationnisme), du 29 janvier 2001 (ndlr: relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915), du 21 mai 2001 (ndlr: tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité) et du 23 février 2005.
Le polémique article 4 de cette dernière loi (en faveur des Français rapatriés) stipule que "les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord".
Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock ont signé ce texte.
"Esclave de l'actualité"
"Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants", ont-ils écrit.
Selon eux, "l'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant. L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique. L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité. L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans les événements d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui".
"L'histoire n'est pas la mémoire, ont-ils poursuivi.
L'historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas. L'histoire n'est pas un objet juridique".
Politique de l'Etat et politique de l'histoire
Ils ont encore précisé : "dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions, n'est pas la politique de l'histoire".
"C'est en violation de ces principes que des articles de lois successives - notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites. Nous demandons l'abrogation de ces dispositions législatives indignes d'un régime démocratique", ont-ils conclu.
NOUVELOBS.COM | 13.12.05 | 18:06
Des articles de la loi Gayssot, de la loi pour la reconnaissance de l'esclavage comme crime et de celle sur la colonisation sont jugés anti-démocratiques.
D ix-neuf historiens de premier plan demandent la "Liberté pour l'histoire!". Dans un texte rendu public lundi 12 décembre, dix-neuf historiens de premier plan se sont prononcés pour l'abrogation de plusieurs articles de loi, selon eux "indignes d'un régime démocratique", concernant des "événements du passé".
Ils ont fait référence à des articles contenus dans les lois du 13 juillet 1990 (ndlr: dite loi Gayssot, tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe, article 9 sur le négationnisme), du 29 janvier 2001 (ndlr: relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915), du 21 mai 2001 (ndlr: tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité) et du 23 février 2005.
Le polémique article 4 de cette dernière loi (en faveur des Français rapatriés) stipule que "les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord".
Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock ont signé ce texte.
"Esclave de l'actualité"
"Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants", ont-ils écrit.
Selon eux, "l'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant. L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique. L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité. L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans les événements d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui".
"L'histoire n'est pas la mémoire, ont-ils poursuivi.
L'historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas. L'histoire n'est pas un objet juridique".
Politique de l'Etat et politique de l'histoire
Ils ont encore précisé : "dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions, n'est pas la politique de l'histoire".
"C'est en violation de ces principes que des articles de lois successives - notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites. Nous demandons l'abrogation de ces dispositions législatives indignes d'un régime démocratique", ont-ils conclu.
Capital : Le grand Menteur continue ses méfaits
La Tribune - édition électronique du 15/12/05
Etats-Unis: les pensions, une relique du passé?
Aux Etats-Unis, de plus en plus d'entreprises rentables renoncent aux engagements qu'elles ont pris auprès de leurs salariés en matière de retraite. Une situation dont s'inquiète la Maison-Blanche sans réellement s'attaquer au coeur du problème.
Les pensions du secteur privé ont-elles encore un avenir aux Etats-Unis? Alors que, jusqu'à présent, les entreprises américaines qui décidaient de ne plus financer les pensions de leurs salariés se trouvaient pour la plupart dans une situation financière délicate - comme General Motors et plusieurs compagnies aériennes dont United Airlines - les sociétés rentables s'y mettent à leur tour. Histoire de s'assurer que leurs engagements en la matière ne viendront pas, un jour ou l'autre, plomber leurs résultats.
Dernier cas majeur en date, l'opérateur téléphonique Verizon vient d'annoncer le gel des pensions de ses 50.500 managers américains. Pourtant, l'an dernier, Verizon a dégagé un bénéfice de 7,8 milliards de dollars et son résultat net s'est élevé à 1,9 milliard au dernier trimestre! Selon l'opérateur, cette décision, accompagnée de coupes claires dans les prestations santé destinées à ses salariés retraités, lui permettra d'économiser 3 milliards de dollars en dix ans.Las, le cas de Verizon est loin d'être isolé et pourrait un jour devenir une règle plutôt qu'une exception. Selon le consultant Wyatt Worldwide, 71 des 1.000 plus grandes entreprises que compte "Corporate America" ont choisi de geler ou d'abandonner leur programme de pensions en 2004, alors qu'elles étaient 45 l'année précédente.Heureusement, le président des Etats-Unis est là pour rappeler les patrons indélicats à l'ordre. Dans un discours visant à convaincre ses compatriotes de la vigueur de l'économie américaine, George W. Bush s'est fâché tout rouge contre ces sociétés qui "ne réservent pas assez de fonds pour tenir les promesses de retraites qu'elles font à leurs salariés". Faute d'avoir pu imposer au Congrès sa privatisation partielle du système public de retraite, la Social security, le quarante-troisième président des Etats-Unis vole au secours des pensions du privé...Mais à défaut de s'attaquer de front aux pratiques de certaines entreprises, le président a préféré jeter une bouée de sauvetage au fonds fédéral de garantie des pensions, le PBGC. Celui-ci, qui intervient lorsqu'une société ne peut plus assurer ses engagements en matière de retraites, accuse un déficit de 23 milliards de dollars. Adoptée par le Sénat, la réforme proposée par la Maison-Blanche, qui doit encore passer devant la Chambre des représentants, accorderait un délai de sept ans aux entreprises pour honorer leurs obligations de contribution au PBGC.S'il n'a pas encore trouvé le remède miracle pour sauver les retraites des Américains, "W" a au moins réussi à redorer son blason auprès du grand public. Selon un sondage paru après son discours sur l'économie et les pensions, le taux d'approbation de l'action présidentielle est remonté de 35% à 40%. Comme quoi George W. Bush réussit encore à convaincre ses compatriotes qu'il est un président de proximité, soucieux de leurs préoccupations essentielles...
par Eric Chalmet, à New York
Etats-Unis: les pensions, une relique du passé?
Aux Etats-Unis, de plus en plus d'entreprises rentables renoncent aux engagements qu'elles ont pris auprès de leurs salariés en matière de retraite. Une situation dont s'inquiète la Maison-Blanche sans réellement s'attaquer au coeur du problème.
Les pensions du secteur privé ont-elles encore un avenir aux Etats-Unis? Alors que, jusqu'à présent, les entreprises américaines qui décidaient de ne plus financer les pensions de leurs salariés se trouvaient pour la plupart dans une situation financière délicate - comme General Motors et plusieurs compagnies aériennes dont United Airlines - les sociétés rentables s'y mettent à leur tour. Histoire de s'assurer que leurs engagements en la matière ne viendront pas, un jour ou l'autre, plomber leurs résultats.
Dernier cas majeur en date, l'opérateur téléphonique Verizon vient d'annoncer le gel des pensions de ses 50.500 managers américains. Pourtant, l'an dernier, Verizon a dégagé un bénéfice de 7,8 milliards de dollars et son résultat net s'est élevé à 1,9 milliard au dernier trimestre! Selon l'opérateur, cette décision, accompagnée de coupes claires dans les prestations santé destinées à ses salariés retraités, lui permettra d'économiser 3 milliards de dollars en dix ans.Las, le cas de Verizon est loin d'être isolé et pourrait un jour devenir une règle plutôt qu'une exception. Selon le consultant Wyatt Worldwide, 71 des 1.000 plus grandes entreprises que compte "Corporate America" ont choisi de geler ou d'abandonner leur programme de pensions en 2004, alors qu'elles étaient 45 l'année précédente.Heureusement, le président des Etats-Unis est là pour rappeler les patrons indélicats à l'ordre. Dans un discours visant à convaincre ses compatriotes de la vigueur de l'économie américaine, George W. Bush s'est fâché tout rouge contre ces sociétés qui "ne réservent pas assez de fonds pour tenir les promesses de retraites qu'elles font à leurs salariés". Faute d'avoir pu imposer au Congrès sa privatisation partielle du système public de retraite, la Social security, le quarante-troisième président des Etats-Unis vole au secours des pensions du privé...Mais à défaut de s'attaquer de front aux pratiques de certaines entreprises, le président a préféré jeter une bouée de sauvetage au fonds fédéral de garantie des pensions, le PBGC. Celui-ci, qui intervient lorsqu'une société ne peut plus assurer ses engagements en matière de retraites, accuse un déficit de 23 milliards de dollars. Adoptée par le Sénat, la réforme proposée par la Maison-Blanche, qui doit encore passer devant la Chambre des représentants, accorderait un délai de sept ans aux entreprises pour honorer leurs obligations de contribution au PBGC.S'il n'a pas encore trouvé le remède miracle pour sauver les retraites des Américains, "W" a au moins réussi à redorer son blason auprès du grand public. Selon un sondage paru après son discours sur l'économie et les pensions, le taux d'approbation de l'action présidentielle est remonté de 35% à 40%. Comme quoi George W. Bush réussit encore à convaincre ses compatriotes qu'il est un président de proximité, soucieux de leurs préoccupations essentielles...
par Eric Chalmet, à New York
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